Mur entre Haïti et la République dominicaine : une controverse au coeur de la crise migratoire
- cire dieng
- 14 nov. 2023
- 3 min de lecture
La République dominicaine est en train de construire un mur de 164 km le long de la frontière avec Haïti, invoquant la menace d'une « invasion d'Haïti ». Dirigé par le président Luis Abinader, le projet vise à contrôler l'immigration clandestine et à réduire la criminalité.

Alors qu'Haïti, peine à surmonter les conséquences de l'assassinat de son président, la construction du mur met en lumière les défis complexes auxquels la région est confrontée sur les plans politique, économique et social. Par ailleurs, cette décision suscite des débats et des inquiétudes. Certains considèrent que la construction de ce mur risque d'aggraver les tensions entre la République dominicaine et Haïti, tandis que d'autres estiment qu'il est nécessaire pour faire face aux défis de l'immigration et de la sécurité. Quoi qu’il en soit nous examinerons de près les enjeux entourant cette construction en abordant son contexte, les aspects politiques.
Contexte
Les 380 km de frontière partagée entre la République dominicaine et Haïti se distinguent comme l'une des plus perméables au monde, reflétant des disparités économiques, linguistiques et culturelles profondes. Ces deux nations, malgré leur proximité géographique, portent des histoires complexes et souvent tendues. Haïti, confronté à une extrême pauvreté, partage cette frontière avec la République dominicaine, en plein essor économique. Cependant, La crise prolongée en Haïti, marquée par une instabilité politique et économique depuis l'assassinat du président Jouvenel Moïse dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 , a entraîné une augmentation des mouvements migratoires vers la République dominicaine. En réponse, les autorités dominicaines ont opté pour une mesure radicale : la construction d'un mur massif pour contrôler l’immigration.
Construction des murs
La République dominicaine a commencé la construction en février 2022 d'un mur frontalier de 164 km le long de la frontière avec Haïti. Le président de la République dominicaine, Luis Abinader, a déclaré que le projet controversé contribuerait à « contenir » l'immigration clandestine et la criminalité. Le mur sera en béton armé et mesurera 3,90 mètres de haut et 20 centimètres d'épaisseur. Les travaux devraient coûter 31 millions de dollars et durer neuf mois. La première phase du projet, qui a débuté en février 2022, clôturera 54 kilomètres dans les zones les plus peuplées et sensibles de la frontière, tandis que la deuxième phase étendra le mur à 110 km, étendant ainsi 164 kilomètres sur 380 kilomètres de frontière entre deux voisins partageant l'île d'Hispaniola.
Enjeux et défis de ce projet
Officiellement, le mur-frontière est présenté comme une réponse holistique aux défis sécuritaires. Le président Abinader soutient que cette barrière favorisera le commerce bilatéral, régulera les flux migratoires, et luttera contre le trafic d'êtres humains, le trafic de drogue et les ventes illégales d'armes. Meme si l’économie dominicaine dépend fortement du travail haïtien dans des secteurs clés comme la construction, l’agriculture et le tourisme. La crise migratoire a des ramifications économiques, mettant en évidence la complexité des relations entre ces deux pays voisins. Cependant, des voix dissidentes, notamment celles d'organisations de défense des migrants, craignent que cela n'attise la "xénophobie et le racisme," soulevant des préoccupations légitimes quant à l'impact social. la dimension raciste ne peut être ignorée, car la couleur de peau des Haïtiens est un facteur discriminatoire. Cette réalité souligne les profondes tensions entre les deux nations, exacerbées par des décennies d’histoire commune complexe.
En conclusion, la crise migratoire entre Haïti et la République Dominicaine reflète une réalité complexe, avec une combinaison de motivations politiques, racistes et économiques. Si les évacuations massives et les murs cherchent à réguler les flux migratoires, ils soulèvent des questions fondamentales sur les droits de l’homme, et une approche plus nuancée axée sur la coopération et le respect des droits face à cette crise multidimensionnelle semble cruciale pour établir des racines durables entre ces deux nations voisines.






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