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Fermer les classes préparatoires : la solution contre l'élitisme ?

Mi-novembre, le rectorat de Paris a annoncé la fermeture des classes préparatoires littéraires des lycées Lamartine, Chaptal de Paris. La raison : la lutte contre un (prétendu) élitisme. 




Souvent considérées comme la voix royale pour accéder aux grandes écoles, les classes préparatoires sont des formations exigeantes, souvent perçues comme élitistes, et où se répercuteraient les inégalités sociales. En particulier les CPGE littéraires, dont les disciplines nécessitent un capital culturel important, lequel est le plus souvent hérité des parents. En effet, plus de la moitié des étudiants en hypokhâgne (1e année de CPGE littéraire) sont des enfants de cadres supérieurs. C’est sur ce motif que s’appuie, en partie, le rectorat de Paris pour justifier la fermeture des CPGE littéraires des lycées Lamartine, Chaptal. Les hypokhâgnes de ces lycées se défendent de tout problème de recrutement ou d’élitisme inhérent à celui-ci. Toutes remplissent leurs effectifs et présentent une certaine diversité sociale en raison d’un recrutement moins sélectif. Par ailleurs, le but, pour ces classes préparatoires, est précisément de fournir ce capital culturel à travers un cursus pluridisciplinaire à des étudiants parfois plus démunis. 


Si les CPGE économique et scientifique ont moins le vent en poupe ces dernières années (il faut noter que la fermeture de la CPGE économique Jacques Decour a aussi été annoncée), les candidatures en hypokhâgne sont, elles, en hausse. Pourtant, l’année dernière déjà, c’était l’hypokhâgne du lycée Victor Hugo qui fermait. La décision du rectorat de Paris semble ainsi aller à contre sens de la dynamique de candidature (1,2 % d’inscrits supplémentaires en 2022 sur l’ensemble des hypokhâgnes de France). Pour protester contre ces fermetures arbitraires, une manifestation étudiante a eu lieu le mercredi 6 novembre devant le ministère de l’Education Nationale (loin du cliché des préparationnaires prêts à tous les coups bas). 


La décision de fermer ces classes est aussi révélatrice du traitement des études littéraires en France. En effet, le budget alloué aux filières littéraires et aux humanités est plus faible que pour les autres filières. C’est ce que témoigne, par exemple, le financement beaucoup plus rare des recherches en sciences humaines. Mais d’où vient cette mauvaise considération ? Il s’agit d’abord de cursus qui offrent des débouchés moindres. Les filières littéraires sont aussi celles qui connaissent le plus fort taux d’abandon, la L1 de philosophie arrivant en tête à l’université.

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