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Crise de l’eau à Mayotte : 330 000 litres d’eau par jour vont être distribués

Les Mahorais vont recevoir un gigantesque réapprovisionnement en eau potable, avec la distribution de plusieurs millions de bouteilles à tous les habitants.



La petite île française de 330 000 habitants connaît une crise de l’eau sans précédent. Elle subit régulièrement des difficultés d’approvisionnement en eau potable depuis 2016, mais la forte sécheresse de ces derniers mois a quasiment vidé Mayotte de ses réserves en eau. Les ressources de l’île en eau potable proviennent à 80% des eaux de surface des rivières et des retenues collinaires (petits lacs qui ont pour but de stocker les eaux de pluie et de ruissellements). Aujourd’hui, seules trois ou quatres sources sont encore exploitables sur les onze rivières qui alimentent les robinets de l’île, et les retenues collinaires ne sont plus remplies qu’à 6%.


Les Mahorais n’ont de l’eau dans leurs robinets que deux fois par semaine, ce qui est largement insuffisant pour approvisionner toute la population, et particulièrement les milieux hospitaliers et les écoles. À situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Le Ministre des Outre-mer, Philippe Vigier, a annoncé le 2 novembre lors de sa dernière visite sur l’île, un plan d'urgence pour réapprovisionner Mayotte en eau. À partir du 20 novembre, 330 000 litres d’eau vont être distribués gratuitement chaque jour à toute la population, soit un litre d’eau par personne et par jour. Cela représente dix-sept millions de bouteilles distribuées chaque mois, acheminées par bateau dans des containers en provenance principalement de la métropole et des îles voisines, La Réunion et Maurice. Des militaires de la Sécurité civile et des sapeurs-pompiers sont arrivés en renfort pour contribuer à cette distribution massive.


Cependant, cette solution de crise, trouvée dans l’urgence, va engendrer un autre problème : la pollution de l’environnement. Ces millions de bouteilles vont représenter 11,6 tonnes de déchets plastiques à collecter chaque jour, soit plusieurs milliers de tonnes de plastique, qui ne doivent en aucun cas finir dans l’océan. Michel Carpentier, président de l’association Naturalistes de Mayotte, alerte sur la situation de l’île : “Nous sommes déjà très en retard pour la propreté de l’île. À certains endroits, l’île et le lagon sont jonchés de déchets.” Pour pallier cette éventualité, la préfecture mahoraise va lancer le principe “1 pour 1” : une bouteille d’eau donnée pour une bouteille d’eau récupérée. Sachant qu’une bouteille met entre cent et mille ans à se décomposer dans la nature, il faut espérer que cette crise de l’eau n’entraînera pas en plus un désastre écologique.


Cette solution apportée par l’État n’est que temporaire, car cette crise de l’eau fait ressurgir un problème bien plus profond : la précarité de Mayotte. En effet, l’île mahoraise est le département le plus pauvre de France. Selon l’Insee, le niveau de vie médian est sept fois plus faible qu’au niveau national, et 77% de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit cinq fois plus qu’en France métropolitaine. Le manque d’investissements pour améliorer les infrastructures de l’île se fait aujourd’hui cruellement sentir.

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